Le roman contre le film

Quand je lis et roman et qu’ensuite je sais qu’il va être adapté pour le cinéma, j’essaie toujours, dans la mesure du possible, de voir le film et après d’analyser les différences.

Ce fût le cas pour le roman de Decoin (j’ai fais le lien avec mon article) que j’ai lu l’an passé et que j’avais adoré. L’adaptation au cinéma s’appelle : 38 témoins et je me réjouissais de voir ce qu’on en avait fait. Et je dois avouer que j’ai été très déçue.

Dans son roman, Didier Decoin parle d’un fait divers réel qui s’est passé dans les années 60 aux USA, où une femme s’est faite assassinée dans l’indifférence générale, sous prétexte que : je dors donc j’ai rien entendu. Et qu’il aurait suffit d’une seule personne ayant le courage de téléphoner à la police, pour que la jeune femme soit sauvée.

Suite à ce meurtre, les USA ont créés le no 9 1 1, numéro général pour atteindre la police quel que soit le quartier où l’on habite.

Ensuite Decoin avait fait une enquête sur le meurtrier, ses mobiles, sa situation personnelle (il est marié avec des enfants), son schéma de pensée, son arrestation, son jugement et sa vie en prison.

Dans le film, j’ai été très déçue car l’histoire se passe en France, dans une ville portuaire et l’on se concentre essentiellement sur le fait que 38 personnes entendent ce qui se passent mais ne font rien. Et l’on comprend toute l’horreur de la situation au moment de la reconstitution du meurtre et que les policiers se trouvent dans les appartements des témoins et entendent clairement ce qui se passe et que ces cris atroces auraient réveillés les morts !!

Mais j’ai aussi été très déçue, car on parle à peine de l’agresseur, pire on ne le recherche pas vraiment. Quand à la jeune fille, personne ne la connaît, sous prétexte qu’elle habite depuis peu dans ce quartier (ce qui n’était pas le cas de la femme du roman, qui habitait là depuis plusieurs années et qui était connue par un grand nombre d’habitants).

Même si je ne peux pas nier qu’il y a une certaine tension dans le film et que ça nous tiens plus au moins en haleine, j’ai été déçue de tous ses pans de l’histoire originale qui n’ont pas été évoquées. Surprise aussi que l’histoire se passe en France. Donc au final déçue de la façon dont le livre a été repris, à mon sens il ne méritait pas ça.

Pour terminer, je mets un extrait du film, avec Yvan Attal, dans le rôle phare. Avez-vous vu le film ou au contraire lu le livre ? Votre avis m’intéresse.

 

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Réflexion sur la lâcheté humaine

 

EST-CE AINSI QUE LES FEMMES MEURENT ?  de Didier DECOIN
Editions Grasset   /   227 pages

 

Résumé de l’histoire

Catherine Kitty Genovese, 30 ans, est une jeune italo-américaine qui travaille dans un bar en attendant d’avoir assez d’argent pour ouvrir un restaurant italien avec son père. On est en 1964, dans le quartier du Queens à New-York, et le rêve américain semble encore possible.

Malheureusement, en rentrant chez elle après la fermeture de son bar, elle a la malchance de rencontrer un prédateur, qui la poignarde dans la rue, mais Kitty est une battante, elle hurle se débat, des lumières s’allument aux fenêtres, elle se croit sauvée et son agresseur s’enfuit. Mais comme rien ne se passe, elle se relève et se dirige vers son immeuble, espérant que les secours ne vont pas trop tarder.

Ironie du sort, son agresseur la voit se diriger vers son immeuble et toujours pas de police à l’horizon. Il décide donc de continuer son forfait et l’agresse une deuxième fois, dans le hall de son immeuble et en profite au passage pour la violer. Kitty hurle tellement fort qu’elle réveille non seulement ses voisins, mais aussi les voisins qui habitent dans l’immeuble d’en face et qui eux peuvent la voir !

En toute logique, on pourrait espérer que les voisins sortent de chez eux et fassent peur à l’agresseur. Où au moins que l’un d’eux appelle la police depuis son téléphone. Malheureusement il n’en est rien. Chacun écoute consciencieusement les cris d’agonies de Kitty et vont se recoucher !!

C’est quand la police viendra faire son enquête de voisinage, pour savoir qui a vu ou entendu quelque chose, que cette affreuse vérité leur sera révélée, et qu’un officier fera une indiscrétion afin que la presse soit au courant et la diffuse dans les journaux. C’est aussi à cause de cet événement que sera crée le no unique de 911 pour joindre d’urgence la police.

Moi ce qui m’a étonnée, c’est que les Etats-Unis ne connaissent pas le concept de non assistance à personne à danger, qui ici en Europe punit les gens qui voient ce genre de chose et ne font rien !!

 

Mon avis

Autant le dire pour moi ce fut un coup de cœur et même si je l’ai refermé il y a plusieurs semaines, il est toujours bien présent en moi. Je crois que j’aurai beaucoup de peine à oublier ce récit.

L’écriture de Didier Decoin est magnifique, précise, sans haine ni colère, malgré ce que ces gens n’ont pas fait. Il détaille autant la psychologie de Kitty, que celle des habitants, mais il fait aussi un très bon travail d’enquête sur Winston Moseley, l’agresseur, expliquant quel homme il était, sa façon de penser.

Le livre ne s’arrête pas au fait divers, on suit le procès de cet homme, son incarcération à vie, son évasion, sa capture. Et 40 après, soit en 2008, la liberté conditionnelle lui est toujours refusée.

Un film a été tiré de ce livre cette année (en 2012), mais il est resté tellement peu de temps au cinéma que je n’ai pas eu le temps de le voir, je verrai s’il existe déjà en vidéo.

Je terminerai sur cette citation d’Einstein : le monde est un endroit redoutable, non pas tant à cause de ceux qui font le mal, qu’à cause de ceux qui voient ce mal et ne font rien pour l’empêcher.

 

Note :  5 / 5     première publication en 2012