Rédemption

ON NE VOYAIT QUE LE BONHEUR  de  Grégoire DELACOURT
Editions JC Lattès   /   360 pages

Résumé de l’histoire

Ce roman est en 3 parties. Dans les 2 premières, Antoine est le narrateur. Dans la dernière, c’est sa fille Joséphine qui raconte.

Dans la première partie, on découvre Antoine, la quarantaine, qui est expert en assurance. Il parle de son père, André, chimiste, qui travaille dans une pharmacie, prépare des potions, est un bel homme, et toutes les femmes du quartier lui tourne autour.

Il raconte sa vie à la maison, avec sa mère, une femme distante, qui passe son temps à fumer des menthols et à lire Sagan, peu tactile, et qui ne s’occupe pas du tout d’Antoine et encore moins de son mari. Pourtant quelques années plus tard, elle va accoucher de jumelles, Anne et Anna, dont elle ne s’occupera pas beaucoup plus.

Antoine se réjouit de l’arrivée de ses sœurs, espérant jouer et partager avec elles, lui qui se sent très seul. Mais les deux sœurs ont leur propre langage et leurs jeux et elle ignorent complètement Antoine, qui se retrouve encore un peu plus seul. Pourtant, un matin, Anne ne se réveille pas. Et c’est à partir de ce moment là, que Antoine et Anna seront proches pour le restant de leur vie. Mais ils ont perdu leur mère, car suite à ce drame, elle les abandonne et ne donnera plus jamais signe de vie.

Dans la deuxième partie, Antoine nous parle de Nathalie, sa femme, avec qui il se marie, espérant trouver le bonheur. Très rapidement, elle accouche d’un garçon, Léon. Mais malgré cela le couple prend l’eau, Antoine ne s’occupe pas beaucoup de son garçon, reproduisant le schéma de son père, et sa femme délaisse son garçon pour mener une carrière.

Elle se déplace souvent pour son travail, et en profite pour coucher avec tous un tas d’autres hommes. Antoine le sait et ça le rend fou. Nathalie n’est plus très sûre de vouloir passer le reste de sa vie avec lui !! Pourtant elle revient vivre avec son mari et son fils et elle tombe à nouveau enceinte, une grossesse qu’elle mènera à terme, et ainsi arrive Joséphine.

Mais au bout de quelques années, le couple continue à se craqueler, de plus, Antoine perd son travail et sa femme se barre avec les gosses, pour s’installer chez son amant. Pourtant il a obtenu de voir ses enfants régulièrement, mais il est faible, se laisse marcher sur les pieds par tout le monde, et il voit bien que ses enfants auraient voulu un autre père, plus volontaire, qui n’aurait pas hésité à casser la gueule de tous ces gens qui lui font des misères.

Antoine essaie de survivre, mais ne voyant pas de solution à ses problèmes, il décide de commettre l’irréparable, en commençant par sa fille. Je n’en dirai pas plus, pour ne pas tuer le suspens.

Dans la troisième et dernière partie, c’est Joséphine, sa fille, qui est la narratrice. Avec l’aide d’un psy, elle doit mettre ses émotions, et sa colère dans un journal. Elle raconte comment elle voit la vie avec sa mère et son amant. La relation qu’elle a avec son frère. Ses études et ses nouvelles copines.

 

Mon avis

Même si le sujet du roman est difficile, j’ai beaucoup aimé.

Je ne saurai dire pourquoi, mais le style de Delacourt me touche particulièrement. J’aime ses courts chapitres, dont le titre est une somme, expliquée au cours du chapitre.

La vie d’Antoine enfant, est vraiment difficile. Il n’est pas battu, mais sa mère ne l’aime pas et est totalement indifférente à ce qui pourrait lui arriver. Elle ne le prend jamais dans ses bras, ne lui parle presque pas, ne partage rien avec lui et avec son père ce n’est pas beaucoup mieux.

Je ne dis pas cela pour excuser son geste, qui est impardonnable, mais je comprend totalement sa douleur d’être rejeté en permanence, par des parents qui devraient vous aimer, et donc, je peux comprendre son regard sur la vie des autres, totalement désespéré.

 

Note :   4  / 5    voir ses autres romans, un ici et l’autre

 

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Le mot malheureux

 

LA PREMIERE CHOSE QU’ON REGARDE  de  Grégoire DELACOURT
Editions  JC Lattès   /  264   pages

 

Résumé de l’histoire (4ème de couverture)

Le 15 septembre 2010, Arthur Dreyfuss, vêtu de son caleçon fétiche, regarde un épisode des Sopranos quand on frappe à la porte. Il ouvre.

Scarlett Johansson.

Il a vingt ans, il est garagiste. Elle a vingt-six ans, et quelque chose de cassé.

 

Mon avis

J’ai aimé … mais.

Je dois avouer que pendant les 50 premières pages j’ai cherché mes marques et j’ai bien failli abandonner. Mais en persévérant, j’ai retrouvé ce qui m’avait tant plus dans son précédent roman. Des phrases courtes, percutantes et une autre façon de regarder les gens.

Ce qui m’a semblé pénible, c’est que tous les personnages ressemblent à un acteur ou actrice de cinéma, et en cours de lecture ça m’a semblé lourd. Arthur le garagiste ressemble à Ryan Gosling, son patron, PP, ressemble à Gene Ackmann jeune, etc. Et l’autre chose qui m’a agacé au plus haut point, c’est qu’à chaque fois qu’il nomme une ville, il rajoute ceci « Flesselles (12.3 km d’Amiens à vol d’oiseau) et comme il le fait avec toutes les villes, j’ai trouvé ça pesant.

Mais c’est surtout une histoire sur le paraître. Car en faîtes, Janine est le sosie de l’actrice Scarlett Johansson et toute sa vie est conditionnée par ça. On ne lui parle que parce qu’elle ressemble à Scarlett. Les hommes  ne la mettent dans son lit que pour cette raison et une fois fait, ils la jettent. Elle est donc une femme magnifique mais malheureuse, car on la confond toujours avec une autre.

Et Janine est tombée sous le charme d’Arthur, pas parce qu’il ressemble à Ryan Gosling, mais parce qu’il est habile de ses mains, souriant, gentil et prévenant et elle aspire simplement à vivre avec lui et être heureuse. Et Arthur se comporte avec beaucoup de galanterie vis-à-vis d’elle. Il ne lui saute pas dessus à peine passé le seuil de sa maison. Il a des égards pour elle et il la courtise toute en douceur.

Pourtant, que ce passera-t-il quand il apprendra la vérité ? Va-t-il la jeter ? La garder ? L’épouser ?

 

son autre roman ici

 

Note :   4  / 5  première publication en 2013

 

L’argent fait-il le bonheur ?

 

 

LA LISTE DE MES ENVIES  de  Grégoire DELACOURT
Editions  JC Lattès   /  186   pages

 

Résumé de l’histoire

Jocelyne Guerbette est mercière à Arras. Elle est mariée depuis plus de 20 ans à Jocelyn et a 2 enfants, qui sont grand et partis de la maison.

Un jour pour passer le temps et poussée par ses amies, elle joue à l’Euromillion. C’est sa première fois et n’a aucune idée de ce qu’il faut faire. Et quelques jours plus tard, elle apprend par la presse qu’elle a gagné 18’000’000. Elle en reste stupéfaite et ne sait trop quoi faire.

Pourtant, elle ira à Paris chercher son chèque, qu’elle cachera à la maison. Elle n’a parlé de ce bonheur à personne, pas même à son mari ou ses enfants, car elle ne sait pas trop ce qu’elle va faire de tout cet argent.

Elle commence donc à faire une liste des choses qui pourrait lui faire plaisir à elle, mais aussi gâter son mari, ses enfants, ses amies. Mais quelques semaines plus tard le vent tourne … le chèque a disparu … et son mari aussi.

Heureusement la vie lui réserve encore quelques jolies surprises.

 

Mon avis

A force d’en entendre parler sur tous les blogs, j’ai fini par le lire et j’y ai pris un plaisir immense. J’ai aimé la finesse de l’écriture, les questions que se posent Jocelyne, sur la vie, les envies, l’argent fait-il le bonheur ?

J’en ai savouré chaque mot, j’ai aimé cette femme comme une sœur, j’ai vibré et tremblé à chaque fois qu’il lui arrive malheur. Une femme de notre temps, qui aime son métier, qui tient un blog sur la couture et la mercerie en toute simplicité.

J’ai souligné des phrases par dizaine, mais celle-ci m’a particulièrement touchée : page 140 : Je possédais ce que l’argent ne pouvait pas acheter, mais juste détruire. Le bonheur. Mon bonheur est tout cas.

Au final, un vrai bonbon et je regrette de ne pouvoir en parler mieux, mais pour tous ceux qui hésitent encore, lisez le, sans retenue, et vous passerez un vrai moment de ravissement.

 

Mais qui est-il ? Portrait (source Wikipédia)

Grégoire Delacourt est né en 1960 à Valencienne en France. Il démarre dans la publicité en 1982 et en 2004 il crée avec sa femme sa propre agence de pub.

Il publie son 1er roman à l’âge de 50 ans : l’écrivain de la famille, puis en 2012 il écrit La liste de mes envies qui devient vite un best-seller.

En 2013 il publie La première chose que l’on regarde (que je vais lire dans quelques jours).

 

Note :   5  / 5    première publication en 2013