Publié dans Livres, roman policier, thriller

Moleskine

CARNETS NOIRS  de  Stephen KING
Editions Albin Michel   –   426 pages

 

Résumé de l’histoire

En 1978, Morris Bellamy tue John Rothstein, un écrivain américain célèbre, et lui vole ses carnets de note avec des idées pour ses prochains romans ainsi que l’argent qui se trouvait dans le coffre. Pour être sûr de ne pas laisser de traces, il va tuer ses deux acolytes et rentre tranquillement chez lui. Il prend la précaution de bien cacher son butin, dans un endroit où personne ne pourrait le trouver, à part lui.

Il se dit qu’il faut fêter ça, se rend dans un bar, se saoule, fait quelque chose dont il ne se souvient pas, se fait arrêter par la police et finit en taule pour … 30 ans ! C’est pas de bol, mais ce qui le fait tenir, c’est de savoir que les carnets de Rothstein sont bien plaqués et quand il sortira il pourra enfin lire la suite des aventures de Jimmy Gold.

En 2009, dans l’ancienne maison de Bellamy, c’est maintenant la famille Saubers qui y habite. Il y a Linda, enseignante, avec son mari Tom chômeur depuis plusieurs années, qui a été gravement blessé dans la tuerie du City Hall quelques années plus tôt. L’argent peine à rentrer, et il y a de constantes disputes entre lui et Linda.

Ils ont deux enfants, Tina 8 ans et Pete 12 ans qui sent bien que ses parents sont au bout du rouleau et proche du divorce. Mais un jour il tombe sur un coffre rempli d’argent et de cahiers en moleskine avec des débuts d’histoires. Après quelques recherches, il découvre un grand écrivain : John Rothstein et il devient fan de Jimmy Gold.

Comme c’est un brave garçon, il envoie l’argent, de façon anonyme à ses parents, toujours la même somme, ce qui leur donne un petit coup de pouce et les aident à remonter la pente. Tout semble idyllique, mais voilà que Morris Bellamy est sur le point de sortir de prison et veut récupérer son bien.

C’est là que l’on retrouve Hodges, 4 ans se sont écoulés depuis la tuerie du City Hall. Il s’est repris en main, a perdu 15 kilos, fait du sport régulièrement, a ouvert une agence de détective privé avec Holly et finalement sa vie est très agréable.

Quand Pete va sentir le souffle de Bellamy dans son dos, il va paniquer et demander de l’aide à Hodges par l’intermédiaire de sa petite sœur.

 

Mon avis

Un très bon roman, des personnages toujours aussi attachants, des situations rocambolesques, un vrai page-turner dans une ambiance où la pression monte lentement mais sûrement. Un très bon moment de lecture.

Ce roman est le deuxième policier écrit par Stephen King. On y retrouve son policier retraité, Bill Hodges, même si il arrive tardivement à la page 150, ainsi que Holly et Jérôme Robinson son voisin féru d’informatique.

On peut dire que l’on a deux histoires pour le prix d’une. Et comme Stephen King est très minutieux, à des dizaines de reprises, il fait des allusions à son premier roman « Mr Mercedes », mais on peut tout à fait lire celui-ci sans avoir lu le premier, même si pour moi ça gâche un peu le plaisir.  

Il reprend ici les thèmes qui lui sont chers : un écrivain qui tue son héros, un fan très en colère, le vol de ses cahiers qui contiennent des départs d’histoires nouvelles.

Et cerise sur le gâteau, le méchant du premier volume, qui n’est pas mort mais réduit à l’état de légume, a une petite place encore ici, et comme Stephen King est prévoyant, il pourrait bien ré-apparaître dans un prochain volume.

 

Note :   5  / 5  

 

Publié dans Livres, roman contemporain

Une vie de culpabilité

QUITTER LE MONDE  de  Douglas KENNEDY
Editions Pocket    /  694   pages

 

Résumé de l’histoire

Le jour de ses 13 ans, Jane, accompagnée de ses parents, va manger au restaurant. Ils se disputent sans cesse et l’atmosphère est lourde. Alors elle prononce une phrase qui va changer le cours de sa vie : Je ne me marierai jamais et je n’aurai jamais d’enfants. Le lendemain, son père a fait sa valise et est parti pour toujours. Alors sa mère n’aura de cesse de lui reprocher cette phrase, car en disant cela elle a provoqué le départ de son mari.

Et pendant toute son adolescence et ensuite sa vie de femme, elle devra porter ce fardeau, sa mère le lui rappelant sans cesse. Pourtant elle fera de grandes études universitaires, elle sera la maîtresse de son prof de thèse pendant 4 ans. Mais alors qu’elle s’attache à cet homme, qui va quitter sa femme pour vivre avec elle, il disparaît dans un accident de la route, ou un suicide, les circonstances ne sont pas très claires.

Elle va essayer de se remettre de ce cataclysme en se plongeant encore et encore dans le travail à outrance. Elle rencontre un autre homme avec qui elle vit une aventure de longue durée, elle n’est pas sûre de ses sentiments à son égard et voilà qu’un matin elle se rend compte qu’elle est enceinte … que faire ? le garder ? avorter ? se marier ?

Sa décision sera lourde de conséquence et déclenchera de nouvelles habitudes et d’autres angoisses.

 

Mon avis

Un roman magnifique. La psychologie des personnages féminins est superbe, comme souvent chez Kennedy. Jane va passer sa vie à vivre dans la culpabilité. Sa mère est un personnage haïssable à souhait, le type même de femme qui se laisse ballotter par la vie et ensuite en reproche les conséquences à sa fille. Quoi qu’il lui arrive, c’est la faute des autres.

L’écriture est addictive, on ne peut cesser de tourner les pages afin de savoir ce qui va encore tomber sur la tête de cette pauvre Jane. Il ne l’a pas épargnée, mais elle est forte et n’a de cesse de se relever, même si parfois elle dérive dans l’alcool.

La seule chose que je n’ai pas aimé, c’est la dernière partie qui se passe au Canada, quand elle se prend pour une enquêtrice et qu’elle retrouve cette petite fille disparue. Elle ne sait quasiment rien, mais elle est plus futée et perspicace que la police. J’ai trouvé ça un peu gros.

Une citation que je trouve très belle : Les mots comptent. Les mots construisent et détruisent. Les mots restent. Et les miens avaient poussé mon père à s’en aller. Tout était ma faute.

 

Note :   4  / 5

Ses autres romans :

Murmurer à l’oreille des femmes
Les charmes discrets de la vie conjugale
Cul de sac